Où est passé le code de l’éthique et de la déontologie ?

Par Daon Paul Kehi

En Côte d’Ivoire, si la libération de l’espace audio-visuel a été applaudie par tous, moins de cinq ans après, la situation dévient critique en raison des scandales qui se succèdent.

Le dernier incident qui n’est pas passé inaperçu est l’image révoltante de l’artiste-chanteur ivoirien, Koffi Kouakou Elias alias Dj Congélateur qui au cours d’une émission diffusée en direct sur les réseaux sociaux, s’est permis d’embrasser une fillette. Sans que cela n’émeuve les organes de régulation et d’autorégulations.

C’est seulement face à la levée de boucliers des internautes que  la Haute autorité de Communication audiovisuelle est montée au créneau conformément aux dispositions de la Décision n°2014-001/HACA du 10 avril 2014 relative à la Protection des Enfants et des Adolescents dans les Médias audiovisuels.

Chose paradoxale, cet incident n’est pas le premier du genre puisque ces dernières années, plusieurs chaînes de télé notamment Live TV et NCI ont foulé au pied certaines règles élémentaires au vu et au su de tous sans que des décisions appropriées ne soient prises pour servir d’exemple et mettre fin à cette escalade. Résultat : on copie et on reproduit sans risque de subir la rigueur de la Loi.   Dans ces conditions, quel héritage comptons- nous léguer à nos progénitures si nous  sommes incapables de faire respecter le code d’éthique et de déontologie ?

 Si chacun se tait face à ce qui se passe sous nos yeux, ne soyons pas surpris de vivre des lendemains difficiles sous nos cieux. Car on peut tout arracher à un homme sauf sa dignité et sa probité.  Quand on sait qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire certains médias ont décidé de faire la promotion d’un nouvel ordre, loin des valeurs communes dont nous avons hérités. Faut-il en rire ou en pleurer ? Ce qui est sûr c’est que nous pouvons l’affirmer c’est que l’heure est une grave. Et rien ne doit entraver la prise de responsabilité et de conscience collective dans un environnement où l’accès aux réseaux sociaux se fait sans restriction pour les adolescents. C’est justement là où le bât blesse et si on n’y prend pas garde pour mettre fin à cette déliquescence, c’est toute la société ivoirienne qui sombrera  sans être pessimiste et alarmiste dans le néant. Autant les organes d’autorégulation sont très regardants au niveau de la presse écrite et la presse en ligne, autant cela doit être de même pour la presse audiovisuelle.

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