Par Daon Paul Kehi
Ce qui se passe ces dernières semaines en Tunisie rappelle à bien des égards l’échec de nos politiques nationales. S’il est vrai qu’il faut, de prime à bord, condamner et dénoncer ce qui se passe en Tunisie, il n’en demeure pas moins que chacun à sa part de responsabilité. Car, in fine, la violence n’a jamais résolu de crise dans le monde entier. Bien au contraire, la violence ne fait qu’empirer les crises comme c’est d’ailleurs le cas en Tunisie actuellement. A quoi sert l’usage de la force quand nous nous targuons d’être des êtres pensants ? Absolument à rien. Et le comble, c’est que des dirigeants n’ont trouvé mieux que de soutenir ces actes d’une violence rare sous de fallacieux prétextes. Pour expliquer ses violences, le président Kaïs Saïed a cru bon d’évoquer l’idée du grand remplacement. Car selon lui, la présence d’africains subsahariens a pour objectif premier “de changer la composition démographique de la Tunisie”. « Il existe un plan criminel pour changer la composition du paysage démographique en Tunisie, et certains individus ont reçu de grosses sommes d’argent pour donner la résidence à des migrants subsahariens », s’est-il défendu. Des propos teintés de haine, de mépris et de racisme qui mettent en danger la sécurité ainsi que l’intégrité physique de nombreux membres des communautés d’Afrique subsaharienne, dont plusieurs personnes de nationalité ivoirienne ne sont pas passés inaperçus. Cerise sur le gâteau, rattrapé par cette énormité, il n’a présenté aucune excuse. Tout se passe comme si ce qui arrive aux migrants de l’Afrique subsaharienne est fait volontairement. Dans un tel contexte, les Etats de l’Afrique subsaharienne doivent prendre le taureau par les cornes pour offrir un mieux-être à leurs concitoyens. Et, mieux, Au-delà de l’organisation du retour des migrants, c’est toute la problématique de la migration qu’il faut réexaminer et repenser à nouveau.
