Situation socio politique Le ton se durcit entre le RHDP et le PPA-CI

En Côte d’Ivoire, la situation semble se tendre de plus en plus entre le parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), un des principaux partis de l’opposition.

Jeudi 16 mars dernier, Koné Katinan était face la presse dans le cadre d’une conférence convoquée d’urgence. Au nombre des points inscrits à l’ordre du jour : l’agression de domicile de la vice-présidente Marie Odette Lorougnon et la convocation de certains membres du parti par la justice. Selon le porte-parole du PPA-CI, dans la nuit du 15 mars dernier, « un groupe de jeunes dirigé par monsieur Abdoul Awassa et Gnaoré Franck Eric» s’étaient rendus au domicile  de la vice-présidente exécutive en charge de la mobilisation des femmes du PPA-CI proférant des menaces à son encontre. Une situation qui semblerait être en lien avec la récente sortie de Marie Odette Lorougnon lors d’un meeting tenu dans la localité de Didiévi où elle a qualifié de « mercenaires » les soldats ivoiriens arrêtés au Mali puis libérés après plusieurs mois. Une déclaration qui n’a pas été du goût de tous. Cette sortie a été qualifiée d’ « hasardeuse » et ces propos « inacceptables et irrévérencieux » par le Secrétariat national en charge des jeunes du RHDP.

Dans la même journée du 15 mars, Adia Damana Pikass, Secrétaire général du PPA-CI a été à nouveau convoqué par le juge d’instruction en charge de cellule de lutte contre le terrorisme.

Outre les points susmentionnés, Koné Katinan, a égrené une série d’« actes hostiles », parmi lesquels la condamnation de 26 membres du parti pour troubles à l’ordre public alors qu’ils étaient allés accompagner le Secrétaire général du PPA-CI qui répondait à une convocation de la justice. Cette condamnation faut-il le rappeler a été décriée par l’organisation Amnesty International. “Les détentions de ces militants sont arbitraires, elles sont contraires à l’exercice de leurs droits à la liberté de réunion pacifique, la liberté d’expression et de mouvement. Amnesty International appelle à leur libération immédiate et inconditionnelle, ainsi qu’à l’annulation de la condamnation des 26 membres du PPA-CI et l’abandon des charges éventuelles contre les quatre autres”, a indiqué Firmin Mbala du bureau Afrique de l’Ouest et du Centre de Amnesty International.

Le parti de Laurent Gbagbo qui a tenu à mettre en alerte la communauté internationale sur la « dégradation subite et inexpliquée du climat politique et social » soutient que ces interpellations visent à freiner l’élan de mobilisation entrepris par le parti.

A quelques mois des élections régionales et municipales, on espère le calme reviendra très vite afin d’éviter d’éventuels heurts.

Godson Balo

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