Le RHDP semble avancer inéluctablement vers un déclin. Propulsé au-devant de la scène politique ivoirienne à la suite d’alliance notamment avec le PDCI-RDA, le parti au pouvoir RHDP est à la croisée des chemins. Les signes annonciateurs d’un tel essoufflement du parti au pouvoir se font ressentir ces deniers mois. Porté sur les fonts baptismaux en grande pompe et sur fond de crise avec le PDCI-DA son ex allié, le RHDP vit certainement ces deniers moments sur la scène politique ivoirienne. Car, malgré l’embellie prononcée à longueur de journées, plusieurs pontes du régime ivoirien, transfuges du PDCI-RDA posent des actes qui suscitent des interrogations. Le ballet diplomatique des membres du gouvernement chez le président Bédié. En l’occurrence, le Premier Patrick Achi, le président du Sénat Ahoussou Kouadio Jeannot et Kouadio Konan Bertin alias KKB, le ministre en charge du portefeuille de la réconciliation et de la cohésion nationale méritent que l’on s’y appesantisse. Ces rencontres, qui officiellement s’inscrivent dans le cade de simples visites de courtoisie, sont comme l’arbre qui cache la forêt. Malgré les annonces de recrutements de cadres issus du PDCI-RDA, l’ambiance n’est pas bonne dans les starting-blocks du RHDP. Tantinet agacé après une présidentielle de 2020 fortement contestée par l’opposition ivoirienne, l’on se demande que sort sera réservé au RHDP en cas de scrutin ouvert et équitable avec des candidatures de l’opposition significatives, notamment le PDI-RDA et le PPA-CI en 2025. La donne ne sera donc pas la même comme ce fut le cas en 2015 puis en 2020 où le candidat du RHDP, le chef de l’Etat Alassane Ouattara n’a pu affronter des candidats coriaces. Au point où, il n’avait le choix que de concourir avec des candidats en manque d’influence. Ce qui ne sera pas le cas en 2025 où le PDCI-RDA et le PPA-CI déjà unis au sein d’une alliance non idéologique ont pris les devants pour reconquérir le pouvoir d’Etat. Dans cette grisaille, le RHDP est mal parti et pourrait enregistrer une défaite monumentale s’il s’entête à affronter une opposition (PDCI-RDA et PPA-CI) unie. Comme en 2010, l’apport du PDCI-RDA sera d’une aide appréciable dans la reconquête du pouvoir par l’opposition au moment où au RHDP rien n’a été réglé. Et cela le président Alassane Ouattara le sait pertinemment. Comme en témoigne la cour assidue au président du PDCI-RDA. Au point où certains observateurs de la scène politique ivoirienne n’ont pas hésité à déclarer que le président du PDCI-RDA est devenue la pierre angulaire de la politique ivoirienne.
YVES KOUAKOU
