Après l’appel de Daoukro, Bédié lance l’Appel de Yamoussoukro

On s’y attendait le moins. Et pourtant, à la tribune de la cérémonie de remise du prix Felix-Houphouët-Boigny-UNESCO pour la recherche de la paix à l’ex Chancelière allemande Angela Merkel, Henri Konan Bédié a fait feu de tout bois. Au-delà du caractère festif marqué du sceau de la célébration, le protecteur de ce prestigieux prix a prononcé un discours historique. Un discours au travers duquel, il a lancé un message à la classe politique ivoirienne. En l’occurrence à ceux qui se réclament ‘’Héritiers’’ du président Félix Houphouët-Boigny. Sans langue de bois, le président Henri Konan Bédié n’a pas manqué de révéler et de dénoncer ce qui ne va pas dans son pays. ‘’J’ai aussi une pensée pour mon pays la Côte d’Ivoire qui peine encore à engager un dialogue franc et sincère entre tous ses fils et filles, pour construire une paix durable au service du bonheur de ses populations et de celles de l’Afrique de l’Ouest. Héritiers de Félix Houphouët Boigny, je crois qu’en mobilisant toutes nos énergies, à nouveau, nous pouvons préparer un héritage de paix pour les générations de demain ici même en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. Comme la Chancelière Angela Merkel, j’affirme avec vous : « Nous pouvons le réaliser ! »’’A interpellé le président Henri Konan Bédié. Un discours qui loin d’être du populisme doit interpeller à plus d’un titre tous les acteurs politiques de la Côte d’Ivoire.

 L’appel de Yamoussoukro

Ironie du sort, après l’Appel de Daoukro lancé en septembre 2014, le président du PDCI-RDA vient de lancer un nouvel appel à Yamoussoukro. Quoique différent dans le fond et la forme de celui de Daoukro, l’appel de Yamoussoukro sonne comme l’utima ratio pour tenter de recoller les brèches. Mais cela passe nécessairement par la mise en œuvre des recommandations du dialogue politique et surtout la mise en place d’un cadre électoral exempt de tout soupçon.   En un mot comme en mille, le régime ivoirien doit entendre l’Appel de Yamoussoukro pour mettre fin à 3 décennies de violences électorales. Les regards sont donc tournés vers le chef de l’Etat, Son Excellence Alassane Ouattara quant à la mise en œuvre des recommandations du dialogue politique. Il s’agit entre autre la mise en place d’un processus de réparation et d’indemnisation des victimes de la crise électorale de 2020 ; la poursuite du renforcement de la culture démocratique et du civisme au sein de la société ivoirienne ; la prise en compte des réalités politiques nouvelles en vue du réaménagement de la CEI sans préjudice de l’équilibre de celle-ci ; la conduite de réflexions par le Gouvernement sur le processus de découpage électoral, sur la base du relèvement du coefficient affecté au critère démographique et en maintenant les acquis ; la révision annuelle de la liste électorale par la CEI conformément au code électoral ; le réexamen du mécanisme de financement des candidats et du remboursement des frais de campagne à l’élection présidentielle ; l’amélioration du système du parrainage citoyen à l’élection présidentielle ; le renforcement de la sécurisation du processus électoral Et surtout, la mise en place d’un cadre de suivi des recommandations de la phase 5 du dialogue politique, sous l’autorité du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité dont la mission sera conduite sur la base du document de travail. Comme on le voit, le compte à rebours ne fait que commencer, car à l’impossible nul n’est tenu.

YVES KOUAKOU

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