Cela fait maintenant plus d’un mois que la flambée des prix des denrées sur les marchés et dans les surfaces fait rage et est subie par la population ivoirienne. À entendre les autorités du pays, cette situation difficile que vit le peuple est liée à la pandémie de la Covid-19 et à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ce qui signifie que les causes de l’augmentation excessive des prix sont exogènes. Et jusque-là, la population est dans l’attente de mesures concrètes pour solutionner cette pénible épreuve. Déjà que les revenus des familles ne sont pas suffisants, s’il faut, malgré cela, faire face à la cherté de la vie qui est la résultante de la croissance vertigineuse des coûts, les populations ne sauront pas à quoi s’en tenir. Le poids de ces augmentations abusives se fait sentir dans le panier de la ménagère. Les associations des consommateurs censées mener le combat pour la défense des intérêts des consommateurs semblent amorphes. La revendication de cette baisse de ces prix qui n’auraient jamais dû être augmentés, est légitime. Se taire comme nous le constatons, c’est se rendre en quelque sorte, complice de la souffrance des populations qui croupissent déjà, en grande partie, sous le poids de la pauvreté. Ceux qui goûtent au luxe des revenus, vivent de façon modeste et n’arrivent pas le plus souvent, à arrondir les fins de mois. C’est pourquoi, ces populations, face à la montée de ces prix exorbitants qui les écrasent, doivent être soutenues.
La société civile ivoirienne, par le biais de Pulchérie Gbalet qui avait donné de la voix et avait prévu une action de protestation le 15 avril dernier, pour joindre l’acte à la parole, en vue d’interpeller nos autorités sur la gravité de ce fléau, a fini par la suspendre pour, selon certaines informations à notre disposition, donner la priorité aux discussions avec les gouvernants.
Le gouvernement a donc pris comme mesure, le plafonnement du prix des denrées de grande consommation que sont la tomate concentrée, les pâtes alimentaires, l’huile raffinée, la viande de bœuf… Cette mesure, compte tenu du fait qu’elle soit insuffisante au vu de la souffrance énorme de la population et de son application sur le terrain qui se fait non sans difficultés, l’État doit aller plus loin. Le suivi des mesures dans notre pays étant un véritable problème, l’État doit également, dans l’intérêt de la population, faire preuve, d’une part, de fermeté pour faire respecter cette décision déjà prise qui demeure d’ailleurs, une goutte d’eau dans la mer. D’autre part, il doit corser les mesures pour un soulagement effectif de la population. Les autorités doivent avoir cette question sociale en priorité. Elles doivent traiter cette situation dommageable avec diligence, car le poids insupportable des prix risque d’engendrer d’autres dommages collatéraux dans les foyers. C’est à ce seul prix que la population ne se sentirait pas abandonnée à son triste sort.
Ghislain Guela
