Les peuples maliens, guinéens et burkinabés s’interrogent sur la gestion de leur situation par l’organisation ouest-africaine censée permettre l’intégration des peuples dans la sous-région. Cet objectif est cumulé avec celui de la libre circulation des biens et des personnes, ainsi que la stabilité et la sécurité. Face aux sanctions prises devant leur volonté de combattre l’insécurité à l’intérieur de leur frontière et rétablir la démocratie, les peuples africains semblent ne rien comprendre de l’attitude des dirigeants de cette organisation qui tend à perdre sa crédibilité.
À Bamako, Conakry et Ouaga, les sanctions tombent et pleuvent même sur la tête des populations abasourdies, comme des friandises censées adoucir leur révolte. Dirigeants et habitants s’interrogent sur l’opportunité de sanctions qui, au lieu de s’abattre sur les agresseurs terroristes et les égoïstes autocrates friands de mandats indéterminés et surtout, violeurs de constitution, les traumatisent.
Pourtant, frères des autres peuples de la CEDEAO, ces peuples crient à la trahison devant ce qui semble être un acharnement contre leurs autorités de transition qu’ils ont, eux-mêmes adoubées. Le pouvoir n’appartient-il pas au peuple ?
Devant l’amertume des populations, l’organisation sous-régionale a décidé de se désolidariser des peuples et de s’opposer à leur souhait de sécurité et de stabilité. Pensant plutôt à leurs intérêts et surtout, à la protection de leurs places et écoutant la voix de leurs protecteurs hexagonaux. Ils sont nombreux qui briguent, contre la volonté de leur peuple, un troisième mandat problématique. Ils sont donc, selon de nombreux activistes de la cause africaine, obligés de se comporter de la sorte pour protéger leur propre pouvoir.
Dans ces conditions, c’est la crédibilité de l’institution qui est mise à mal, puisqu’elle devient le problème et non la solution. Il n’y a pas si longtemps, précisément au 5e sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu à Accra, au Ghana, les chefs d’État de la CEDEAO ont prolongé les sanctions arrêtées contre le Mali depuis janvier 2022. Le prétexte est que l’organisation ouest-africaine n’approuve pas les délais donnés par les autorités de la transition au Mali, pour organiser les élections. Ces derniers non contents de cette volte-face, s’accrochent désormais, à l’ordonnance de la cour de justice de l’UEMOA qui ordonne à la CEDEAO de suspendre ces sanctions.
Au nombre des sanctions, figurent la suspension des transactions commerciales et financières des États de la CEDEAO avec le Mali hors produits de grande consommation et de première nécessité, le gel des avoirs du pays dans les banques centrales de l’organisation régionale et les banques commerciales des États membres, entres autres. Des condamnations jugées improductives par des organisations africaines des droits de l’Homme.
Douko

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