Par Daon Paul Kehi
Hier fleuron de la démocratie en Afrique, le Sénégal est progressivement entrain de suivre les mauvais élèves de la classe. Et l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko témoigne éloquemment de ce basculement spectaculaire. Du coup, la relative stabilité de ce pays de l’Afrique de l’ouest n’est aujourd’hui qu’un mirage. La démocratie est donc en péril dans ce pays frère dont la référence en matière d’alternance risque d’être un lointain souvenir si rien n’est fait. A l’allure où vont les choses, le Sénégal est en train de perdre le peu de crédit que jusque-là l’on accordait à ses Institutions et dirigeants. Et cerise sur le gâteau, la candidature du président sortant Macky Sall est, semble-t-elle, la goutte d’eau qui a débordé le vase. Tout se passe comme si le camp présidentiel veut opérer un passage en force aux yeux de la communauté internationale, notamment la CEDEAO. Habituée à jouer au médecin après la mort, l’organisme sous régional est plus que jamais sous le feu des projecteurs, elle qui est d’ordinaire si prompte à condamner les coups de force militaires. Dans un contexte où pour justifier les 3èmemandats, des présidents au pouvoir n’hésitent pas à évoquer des enjeux irrationnels et fouettant pour ainsi dire le principe sacro-saint de la démocratie. Pour autant, les citoyens libres d’Afrique vont-ils continuer à rester silencieux face au diktat du troisième mandat et surtout au bâillonnement de l’opposition ? Telle est la principale équation que tout africain doit se poser si tant est que nous espérons à monde libre débarrasser des oripeaux des régimes anti-démocratiques. Au cas échéant, il faut désespérer de tout un continent et surtout de l’Afrique de l’ouest qui continue de patauger malgré la réinstauration du multipartisme en Afrique. C’est là la véritable incongruité surtout quand ces fossoyeurs de la démocratie n’hésitent pas à s’ériger en chantre de la démocratie lorsqu’il s’agit des coups d’Etat. Tel un triste sort, les années passent et succèdent sans que l’occident ne prenne des décisions courageuses contre ces dictatures naissantes. Là où paradoxalement, elle n’hésite à châtier ou dénoncer certains dirigeants du monde comme ceux de la Russie, la Corée du Nord, la Chine… et bien d’autres. Le moment est venu de faire subir la même rigueur aux ennemis de la démocratie qui ont pignon sur rue en Afrique. C’est à ce prix, et seulement à ce prix, que l’Afrique pourra renaître de ses cendres. Bien entendu avec le concours de ses fils, qui par peur de représailles se sont, pour l’heure murés dans un silence.
