Edito/Leçons d’un rendez-vous historique à Yamoussoukro

Par Daon Paul Kehi

Les lampions se sont éteints le mercredi 8 février dernier sur la cérémonie de remise du prix Felix Houphouët-Boigny-UNESCO pour la recherche de la paix. Durant 48 heures, la capitale de la Côte d’Ivoire, Yamoussoukro, ville natale de Felix Houphouët-Boigny, celui que ses admirateurs appelaient affectueusement le Sage d’Afrique, a été la capitale de paix dans le monde entier. Si dans un contexte de relative accalmie l’UNESCO et la lauréate Angela Merkel ont décidé d’organiser et de venir à cette cérémonie de distinction à Yamoussoukro, il faut saluer dans un premier temps les acteurs politiques ivoiriens qui, dans leur diversité n’ont pas boudé la cérémonie. En l’occurrence, le chef de l’Etat Alassane Ouattara et les présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo.

A priori, cette harmonie n’est que de façade dans une Côte d’Ivoire où le parti au pouvoir et l’opposition se regardent toujours en chiens de faïence en raison des dissensions sur l’échiquier politique. Quelles leçons donc nous Ivoiriens devront retenir de cette cérémonie de remise de prix au pied de basilique Notre dame de la Paix ?  Que faire pour que la Côte d’Ivoire ne se retrouve plus dans le labyrinthe, au creux de la vague ? A ces questions, les acteurs politiques doivent apporter des réponses pour mettre fin à la spirale de violences liées aux élections et autres contestations politiques.

Car, il est illogique d’honorer et de magnifier le président Felix-Houphouët-Boigny, apôtre de la Paix et paradoxalement être insensible à toute action de décrispation sur la scène politique ivoirienne. A notre sens, c’est là le véritable enjeu qui se pose à Ouattara, Bédié et Gbagbo. Car, on ne peut vouloir une chose, la paix et son contraire à la fois, la belligérance.

Pour une fois, ils n’ont d’autre choix que de s’inscrire définitivement dans la dynamique de la Paix afin que leur nom respectif reste dans les annales de l’histoire comme c’est d’ailleurs le cas, indiscutablement, pour Felix Houphouët-Boigny. Au cas échéant, il faudrait mieux ne plus associer la Côte d’Ivoire et les hommes politiques ivoiriens à ce prix pour raison d’incompatibilité. Mais connaissant l’état d’esprit des acteurs politiques ivoiriens, il ne faut point désespérer qu’ils saisissent cette opportunité pour régler définitivement ce qui coince.

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