Docteurs non recrutés /Pourquoi le dialogue s’impose

Avec aujourd’hui 1 enseignant pour 350 étudiants, là où selon les recommandations de l’UNESCO, il faut 1 enseignant pour 30 étudiants, le système universitaire de la Côte d’Ivoire ne fait plus rêver. Dans cette grisaille, l’on a du mal à comprendre que des milliers de diplômés titulaires du doctorat soient au chômage. Paradoxe des paradoxes.

L’image est saisissante. 46 titulaires de doctorat ivoiriens ont été jugés et condamnés par la justice ivoirienne dans les derniers jours de l’année 2022. Accusé essentiellement de trouble à l’ordre public, ces 46 docteurs comme des milliers d’autres ne demandaient pourtant qu’une seule chose : travailler et mettre leurs expertises au service de la Côte d’Ivoire. Dans un pays qui aspire à l’émergence, cette condamnation choque à plus d’un titre. Mais au-delà de ce traitement à l’égard des milliers de docteurs, des voix s’élèvent pour réclamer le dialogue en vue d’une solution.

Parents d’élèves, enseignants, société civile, tous unanimes : il faut dialoguer

L’organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire a, dans une déclaration rendue publique le 27 décembre 2022 insisté sur la nécessité du dialogue pour la résolution de cette crise qui n’a que trop duré. « L’Opeeci invite le Ministre Adama Diawara et le gouvernement à les libérer effectivement et engager le dialogue avec eux pour aplanir toutes les divergences, afin d’aller vers la résolution définitive de cet important problème social. », a proposé Claude Kadio, le président de cette organisation.

Même son de cloche auprès de la plateforme nationale des fonctionnaires (PNF) de Zadi Gnagna Théodore. A l’instar des parents d’élèves et d’étudiants, les fonctionnaires vont abonder dans le même sens. « Pour la Centrale Plateforme nationale, l’État de Côte d’Ivoire doit affronter avec courage cette épineuse question et lui trouver une solution définitive car il est inconcevable et incompréhensible que dans un pays en voie de développement comme le nôtre, de nombreux docteurs formés à coup de millions soient livrés à eux-mêmes. La Centrale Plateforme nationale appelle le gouvernement à privilégier le dialogue social qui a montré ses forces dans la résolution des problèmes des fonctionnaires ces derniers mois. », a proposé Zadi Gnagna.  Par ailleurs, aux premières de l’arrestation des 46 docteurs, la FIDHOP avait demandé leur libération et suggérée, ipso facto, que le Premier Ministre les reçoive et leur fasse directement des propositions concrètes, après l’échec du dialogue avec le Ministre de l’Enseignement supérieur.

A l’évidence, la balle se trouve désormais dans le camp du gouvernement ivoirien. En l’occurrence le Premier ministre Patrick Achi qui doit tirer les conséquences de l’échec du ministre de l’enseignement Supérieur Adama Diawara et surtout du système actuel de l’enseignement supérieur. Lequel n’a pu trouver une issue heureuse à cette situation gênante. Car, tous les acteurs clé du système sont unanimes qu’il faut instaurer le dialogue politique. Une proposition de dialogue qui trouve d’ailleurs l’assentiment  des organisations des docteurs non recrutés. Par la voix, de son premier responsable Dr Simi Deroux, cette organisation dit attendre incessamment la mise en place d’un cadre de dialogue et de concertation pour une « insertion planifiée » de ces milliers de docteurs.

YVES KOUAKOU

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