2022 a été une année assez mouvementée pour les gouvernements de transition en Afrique subsaharienne. Entre pressions communautaires, répressions terroristes et volonté de refondation, la tâche sera d’aucun répit cette année.
Solenzo, ville de quelques centaines de milliers d’habitants, dans la province des Banwa au Burkina Faso, n’est plus sous emprise terroriste depuis le 16 décembre 2022. Pour saluer la bravoure des hommes engagés au front, le capitaine Ibrahim Traoré (35 ans), président de la transition burkinabé y a adressé le traditionnel discours du nouvel an au peuple burkinabé entouré de plusieurs soldats. « Aujourd’hui, nous sommes ici pour partager ces moments avec nos frères d’armes et les encourager à aller de l’avant dans cette lutte. », a-t-il déclaré. Une lutte qui devra davantage se poursuivre en 2023. Ibrahim Traoré a appelé les forces de défense à redoubler d’efforts pour assurer la sécurité des populations et annoncé que le processus d’équipement a commencé avec le soutien de plusieurs pays voisins.
Pour la transition burkinabé, l’accent sera également mis sur la gouvernance. On le rappelle, très tôt dès sa prise de pouvoir en septembre 2022, Ibrahim Traoré a décidé de renoncer à son salaire présidentiel pour conserver celui de capitaine et pousser les membres du gouvernement à céder 50% de leur salaire au profit des déplacés de la crise sécuritaire. En janvier 2023, un cadre de concertation devrait être mis en place par le premier ministre pour la refondation de la Nation. « Il faut réformer totalement notre système de gouvernance. La justice et les contrôleurs ont reçu carte blanche pour commencer à mener la lutte contre la corruption et cela peut se sentir déjà sur le terrain. Je les encourage à continuer le travail et à pouvoir nous aider à changer notre système de gouvernance », a indiqué le chef de la transition burkinabé. Pour ce faire, la modernisation de l’administration et la digitalisation des institutions devrait être propulsées en 2023.
La guerre contre la corruption va se poursuivre en Guinée
Mettre en place « des institutions fortes qui résisteront à la tentation des hommes » en vue d’aboutir à des élections libres, crédibles, transparentes, inclusives dans 24 mois à compter du 1er janvier 2023, c’est le défi que s’est lancé la transition guinéenne. En Guinée, 2022 a été dédié selon le Colonel Mamadi Doumouya à la reddition des comptes publics et à la récupération des biens de l’État. Depuis le palais Mohammed V, le chef de la transition guinéenne s’est réjoui devant toute la nation des réformes entamées qui « portent déjà leurs fruits ». Au pays de Sékou Touré, la junte militaire au pouvoir depuis septembre 2021 entend éradiquer le fléau de la corruption. « La lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite demeure mon cheval de bataille. Cette détermination sans faille a nécessité impérativement la création de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). (…) Chers compatriotes, soyez rassurés : je n’ai pas d’amis ou de famille face à la corruption et le détournement de deniers publics. Et comme je vous avais promis, ma main ne tremblera pas », a déclaré Mamadi Doumbouya.
Par ailleurs des nombreux résultats « catastrophiques » des examens nationaux, en 2023 les efforts seront concentrés sur le secteur éducatif. « Le diagnostic a été fait et des solutions idoines sont en train d’être apportées. Pour réussir ce pari, j’en appelle au sens élevé du devoir du corps enseignant, mais aussi et surtout à la responsabilité de notre jeunesse et des parents » indique l’homme fort de la Guinée.
Le Mali à l’heure de la relance économique
Du côté de Bamako, le discours de nouvel an était très attendu après la décision de condamnation des 46 soldats ivoiriens. Assimi Goîta, chef de la transition malienne a dans son adresse totalement feinté le sujet. Alors que l’on pensait la libération des soldats ivoiriens politiquement acquise après une rencontre entre les parties en décembre dernier. Goïta a plutôt salué la résilience de son peuple face aux sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA qu’il a qualifié d’« illégales, illégitimes et inhumaines ». En mémoire à la grande mobilisation du peuple malien le 14 janvier 2022, la date du 14 janvier journée a été instituée « journée nationale de la souveraineté retrouvée » a-t-il annoncé tout en exhortant ses compatriotes à l’union sacrée.
Assimi Goïta a rappelé les réformes institutionnelles et constitutionnelles engagées en vue d’aboutir à des élections libres et transparentes. La seconde phase de la transition qui sera entamée en 2023 sera consacrée aux projets structurants destinés à poser les bases d’un véritable développement a annoncé le dirigeant malien. « C’est ainsi que nous avons décidé de relancer la Comatex et l’Usine malienne des produits pharmaceutiques. Dans……
