Parti de la Côte d’Ivoire après sa démission du poste de Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro se trouve depuis lors à vivre un exil forcé suite à des velléités d’arrestation pesant sur lui. En dépit du processus de réconciliation lancé par le pouvoir Ouattara qui a d’ailleurs appelé tous les ivoiriens en exil de rentrer au pays sans risque de poursuites judiciaires, l’enfant de Kofiplé, lui est toujours dehors. Qu’est-ce qui l’empêche de revenir au pays d’Houphouët Boigny ? Qui bloque ou qu’est ce qui bloque son retour au pays natal ?
Guillaume Soro Kigbafori demeure-t-il toujours en exil forcé ou voulu ? Difficile de répondre à cette interrogation, sauf que depuis 2019, quelques temps après avoir libéré le tabouret de la présidence de l’hémicycle ivoirien, l’ex Député de Ferkessédougou n’a plus foulé les pieds dans son pays. Pis il y a 3 ans, après des tournées dans la sous-région et en Occident, sa tentative de retour au bercail s’est vue opposée un fin de non-recevoir. L’avion le ramenant contraint de rebrousser chemin et transiter par Accra au Ghana pour atterrir en Espagne.
« Mon vol de retour après une tournée africaine et européenne de sept (7) mois a été empêché d’atterrir à Abidjan, contraignant le pilote à dérouter l’appareil pour sauver sa vie et celle de ses passagers …. Je suis contraint à l’exil avec plusieurs cadres du mouvement et certains de mes proches…. Ce jour-là qui sera retenu dans nos mémoires comme “la journée noire de GPS”…», s’est-il exprimé à l’occasion de la 3ème année de cet évènement.
Mandat d’arrêt comme cadeau de Noel
Noel 2019, alors que tous les enfants du monde entier espèrent l’arrivée du Père Noel les mains chargées de cadeaux. Le lundi 23 décembre 2019, Guillaume Soro est en plein vol pour son retour à Abidjan. Malheureusement, ce retour annoncé en fanfare ne sera jamais effectif parce que déclarée persona non grata, le jet privé loué à cet effet contraint de ne pas atterrir alors qu’il était déjà au-dessus du ciel de l’aéroport FHB fait demi-tour au Ghana où il transite avant de regagner l’Espagne. Ce même 23, un mandat d’arrêt international a été émis contre lui le même jour par la justice ivoirienne pour
“attentat à la sûreté de l’Etat”. Beau cadeau d’akwaba et de Noel de son père (la Côte d’Ivoire) qui le contraint depuis lors à arpenter les capitales européennes, vivant un exil forcé. La suite, on l’a connait, l’ex-premier ministre de Gbagbo et d’Alassane Ouattara, Guillaume Soro sera condamné à perpétuité pour « atteinte à la sûreté de l’État». Seulement avec le retour de tous les braves fils du pays suite à l’appel au retour émis par le gouvernement ivoirien et le lancement de la réconciliation nationale, on a cru que toutes ces poursuites judiciaires seraient rangées aux calendes grecques. Que nenni ; seul Guillaume Soro demeure toujours dehors. Blé Goudé étant rentré après Laurent Gbagbo. Tout se passerait comme si quelque chose ou quelqu’un bloquait ou empêchait le retour du patron du GPS, Groupement des Peuples Solidaires, parti crée et géré depuis sa terre d’exil.
Et si c’étaient les décisions du procès ?
A l’issue du mandat d’arrêt international lancé contre l’époux de Sylvie Tagro et des évènements de décembre 2019 d’Abidjan, L’ancien premier ministre ivoirien et ex-chef rebelle Guillaume Soro est condamné en son absence à la prison à perpétuité pour «atteinte à la sûreté de l’État» pour des faits commis fin 2019. En effet, La cour d’assises d’Abidjan a suivi les réquisitions du parquet, tout comme pour les principaux autres accusés, Souleymane Kamagaté, ex-chef du protocole de M. Soro, Affoussy Bamba, ancienne ministre et Touré Moussa, son ancien chef de la communication, condamnés à 20 ans de prison. Deux des frères de Guillaume Soro et son ancien bras droit Alain Lobognon ont eux été condamnés à 17 mois de prison pour « troubles à l’ordre public » qui recouvrira la liberté quelques temps après. De même, pour « actes subversifs », la cour a également ordonné la confiscation des biens de Guillaume Soro, biens vendus aux enchères et de ses 19 Co prévenus, ainsi que la dissolution de son mouvement, Générations et peuples solidaires (GPS), accusé de se livrer à « des actes subversifs ». Elle a ordonné aux condamnés de payer solidairement 1 milliard de francs CFA à l’État ivoirien. Lourde peine qui a conduit le Président Alassane Ouattara a déclaré ceci : « Pour lui ce sera la prison à perpétuité ». Ceci explique-t-il cela ?
Des hommes tapis dans l’ombre ?
Le retour au Bercail de Guillaume Soro serait-il vu d’un mauvais œil ? Tout porte à le croire quand on sait la bataille de leadership que se livrent les prétendants à l’après Ouattara. L’année 2025 approche à grand pas. Au Rhdp, parti de l’actuel Alassane Ouattara, il n’existe pas de réel dauphin ou poulain pour succéder à un Alassane Ouattara qui avait d’ailleurs tiré le frein en 2020 mais fut contraint de se représenter à la présidentielle suite aux décès successifs de Gbon Coulibaly et Hamed Bakayoko. Depuis, lors tous se battent. Et selon certaines indiscrétions face à cette situation d’absence d’homme capable, des caciques ont conseillé au président Ouattara de gracier son fils Soro et permettre son retour aux fins d’assumer son héritage politique. Pour ces derniers, un père ne peut rester éternellement fâché contre son fils. Des conseils également transmis à Guillaume Soro par des émissaires qui a accepté de se taire le temps de régler la palabre. “Si on peut me garantir des conditions claires, je rentre dans mon pays”, avait-il déclaré au cours d’un déjeuner à Paris. Et tout semblait bien parti quand certains autres voyant en Guillaume Soro, la fin de leur heure de gloire ont commencé à proférer des menaces contre ce dernier allant jusqu’à le traiter de toutes les vilénies. Une situation qui ferait actuellement Alassane Ouattara et son épouse qui ont tout de même un amour pour GKS au tréfonds du cœur. Ces personnes adeptes du TSS (Tout Sauf Soro) cautionnent des militants et autres jeunes pour décrier le retour du fils prodige. Pour ce faire, ses anciens amis et collaborateurs sont mis à rude contribution pour l’insulter et faire des rapports défavorables au chef du Rhdp ? Répondant à un de ses abonnés sur tweeter, Soro dira ceci : « Un de mes abonnés m’a interrogé sur la raison de mon silence face aux insultes immondes! Et j’ai répondu: « parce que c’est immonde. Et J’ai passé l’âge du bavardage inutile. Que veux-tu faire contre la jalousie! ». Sans commentaire. Côté gouvernement, les choses semblent flouent eu égard à la déclaration de l’actuel premier-ministre Patrick Achi au cours de sa dernière conférence de presse « Je suis un témoin oculaire………………Si Soro veut revenir, il reviendra. Ceux qui veulent vont revenir. …Personne ne peut réclamer quoique ce soit dans aucun pays en se référant du statut de réfugié ivoirien. C’est terminé » Est-ce à dire que l’exil de Soro est volontaire et voulu ?
Et si cela dépendait de lui ?
Difficile d’y croire quand on sait que Guillaume Soro aime indubitablement son pays. Sinon l’homme pendant les 10 ans de rébellion ne vivrait pas entre Abidjan et Bouaké quand…
