Par Paul Daon Kehi/Le Direct Info
Laurent Gbagbo a retrouvé finalement le pays akyé le weekend dernier. Là où au départ certains de nos compatriotes avaient pesté qu’il n’y sera pas et avait même posé des actes de vandalismes. In fine, il n’y a pas eu d’apocalypse. Tout est donc rentré dans l’ordre. La retenue des uns et des autres n’a pas entaché cette visite qualifiée d’historique par les militants du PPA-CI
A priori, il convient au premier abord de saluer l’esprit républicain du préfet d’Adzopé qui a tout mis en œuvre pour dissiper, en amont, les foyers de tension et de violence. C’est un acte fort d’un administrateur qui, on ne le dira jamais assez, a la pleine conscience de la fonction qu’il occupe. Sans oublier, les élus et cadres du RHDP et du PPA-CI qui ont changé de fusil d’épaule. Comme en témoigne d’ailleurs la déclaration commune du Président du Comité d’Organisation de la visite du Président Laurent Gbagbo à Adzopé et du Député RHDP d’Akoupé, l’Honorable Sanon Koffi Marcel qui a appelé toutes les organisations de jeunesses de la région de la Mé à se départir de toute violence de quelque nature que ce soit, pour privilégier l’entente, la convivialité et l’amour entre nous, filles et fils de la Mé. C’est la Côte d’Ivoire qui gagne. Ainsi, avec la présence de Laurent Gbagbo dans la région de la Mé, le ciel n’est pas tombé sur la tête de personne.
Pour autant, face à la résurgence de ce qui pourrait être qualifier de retour de vieux de démons, les pouvoirs publics et organisations de la société civile doivent reprendre et/ou continuer la sensibilisation sur la culture démocratique auprès des citoyens ivoiriens. Les militants des différents bords politiques doivent comprendre que la culture démocratique se définit comme le désir et la capacité des personnes dans une population à prendre une part active, individuellement et ensemble, au gouvernement des affaires publiques qui les concernent. Au surplus, l’existence d’une culture démocratique au sein d’une population se caractérise par la contribution active, effective et dans la durée, des membres de la société civile au développement : du bien commun, des modalités du « vivre ensemble » et à la construction des décisions collectives avec un point d’ancrage sur la tolérance et l’acceptation de la différence. Du reste, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Avec ce que la Côte d’Ivoire a connu comme difficultés depuis la réinstauration du multipartisme en 1990, il convient de créer un mécanisme pour mettre un terme à ce cycle infernal de la violence. Puisque au fond, nous sommes un seul et même peuple.
