Une semaine après le début de l’opération de révision de la liste électorale, cette activité cristallise le débat au sein de l’opinion nationale et internationale. Un intérêt grandissant de la classe politique ivoirienne et surtout des Ivoiriens qui pourrait se traduire, lors des futures élections, par une amélioration sensible du taux de participation aux élections. En effet, de 2011 à 2020, les taux de participation aux différentes élections laissaient à désirer. Une situation qui était imputable en grande partie, à une pléthore de problèmes posés par l’opposition et qui malheureusement n’avait pas trouvé grâce aux oreilles du régime RHDP. Engendrant ainsi des boycotts successifs.
D’ores et déjà, même si selon une bonne frange d’acteurs politiques des difficultés subsistent, le grand pas été franchi. Celui de donner de l’espoir au peuple ivoirien qu’une élection ce n’est pas la guerre. Bien évidemment, cette relative accalmie doit se traduire dans les actes lors des campagnes électorales, des élections et de la proclamation des résultats. La Côte d’Ivoire, parviendra-t-elle à vaincre le signe indien ? Rien n’est moins sûr. Ce que nous pouvons affirmer, c’est que nous sommes sur la bonne voie.
A un an des élections municipales et régionales, l’opposition ivoirienne est plus que déterminée à reprendre ses bastions dans la main des cadres du régime RHDP. Il faut donc s’attendre à du lourd. Et de grands chocs se profilent déjà à l’horizon. Notamment, à Yopougon où le RHDP, le parti au pouvoir en difficulté, vient de faire appel au député d’Agboville Adama Bictogo dont le parachutage continue de faire débat. Pourra-t-il sauver les meubles face aux candidats de l’opposition, dont le portrait se profil ? En l’occurrence l’inamovible Michel Gbagbo qui veut reconquérir le « Yopougon de Gbagbo » et le député Dia Houphouët Augustin qui veut repositionner la commune de Yopougon ? Autant de questions qui montrent que le taux de participation va certainement battre tous les records. Du moins, si tous se passent dans les règles de l’art.
A priori, c’est de cette Côte d’Ivoire que l’on a besoin. Une Côte d’Ivoire débarrassée des oripeaux de la véhémence langagière et aussi de la violence anté-et post-électorale. Il s’agit d’une simple volonté politique et surtout pour les acteurs politiques de premier plan de comprendre que le bonheur qu’ils veulent procurer aux Ivoiriens est aux antipodes des actions que certains d’entre eux posent lors des joutes électorales.
Au fond, on peut perdre une élection et garder sa dignité d’homme. C’est d’ailleurs ce que veut la démocratie. Car, comme l’a dit le célèbre Philosophe Jean-Jacques Rousseau, le plus fort n’est jamais assez fort, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. C’est pourquoi en attendant les élections à venir qui permettront, à coup sûr, de jauger le degré de maturité de la classe politique, il convient de poursuivre les efforts de réinstauration de la confiance entre responsables de partis politiques afin de vider le contentieux de toutes les préoccupations qui sont encore sur la table.
Daon Paul Kehi
