Edito /A quoi sert finalement la redevance RTI ?

Au coup d’envoi du Mondial de football au Qatar, les Ivoiriens continuent de s’interroger avec stupéfaction la non-retransmission de cette compétition par la Chaine d’utilité publique, la RTI. Une chaine à laquelle ils paient pourtant de façon bimensuelle une redevance. Ainsi contrairement aux années 1998, 2002 et autres la RTI a décidé, sans véritable raison, de priver les Ivoiriens de cette compétition majeure. Faut-il en rire ou pleurer ? A l’évidence, sans nous lancer dans le débat de la gouvernance de la RTI, nous nous interrogeons de savoir à quoi sert finalement la bagatelle de redevance collectée par CIE au profit de la RTI ? Une question qui n’a jamais obtenu de réponse satisfaisante depuis l’institution de cette parafiscalité il y a de cela quasiment 3 décennies.  30 ans après, le défi de la transparence doit s’imposer aux responsables de la RTI. Mieux, pour une question de transparence et d’équité, il urge pour le gouvernement ivoirien de se prononcer sur la question pour qu’une fois pour toute les Ivoiriens sachent où va leur argent. Le faire, n’est guère un mérite, mais une obligation. C’est la moindre des choses. Au-delà de savoir où va ces fonds qui se chiffres en milliards de F CFA, le bilan de cette véritable manne financière depuis son institution serait intéressant pour les Ivoiriens dans la mesure, ces dernières années, l’on a tendance à assimiler la RTI en une caisse de résonnance du parti au pouvoir. Comme en témoigne le temps de passage trop faible des partis de l’opposition. Car, si tel est que la RTI est un média de service public qui bénéficie de surcroit d’un appui budgétaire des citoyens, il serait illogique qu’elle soit caporalisée. C’est à notre sens le véritable combat que les Ivoiriens doivent mener. Certes, on s’indigne de ne pas pouvoir suivre la coupe du monde sur les chaines de la RTI, mais le véritable combat reste et demeure l’accès équitable de la RTI à toutes les composantes de la société ivoirienne. La RTI n’est pas la propriété privée d’un groupe d’ami encore moins d’un parti politique qui, soulignons-le, est une association privée. C’est pourquoi, pour une question de bon sens, les responsables de la RTI doivent s’élever au-dessus des contingences actuelles pour penser à l’intérêt supérieur de la nation.  Prétendre à l’émergence, c’est aussi se prêter au jeu de la transparence incarnée par les institutions fortes. Dommage que sous nos tropiques, nous soyons abonnés aux mélanges de genres sans que cela n’émeuvent personne.

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