L’Histoire peut se répéter, ne sait-on jamais, Rachel Kéké veut-elle suivre les traces du père de la nation ivoirienne ? L’ancien président Félix Houphouët-Boigny a été député français (1945-1959) et membre du gouvernement français (1956-1961).
Il est à croire que tout peut arriver. Mère de cinq enfants, Rachel Kéké est née en 1974 dans la commune d’Abobo, au Nord d’Abidjan. Elle est arrivée en France en 2000 et commence à travailler comme coiffeuse avant d’entrer dans l’hôtellerie. Figure de la grève des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles, elle a battu dans la 7e circonscription du Val-de-Marne, l’ex-ministre des Sports, Roxana Maracineanu, avec 50,30% des voix. C’est l’un des nouveaux visages de l’Assemblée nationale. Après son élection, elle ironise : « J’ai le niveau CM2, je dis merci aux journalistes qui vont se mettre à mon niveau », affirme Rachel Kéké. Dynamique candidate d’origine ivoirienne, elle entre alors au Palais Bourbon, la chambre basse au parlement français. un événement historique qui fait appel à une conscience collective, résultat d’un combat sincère.
L’ex-ministre des Sports, Roxana Maracineanu, est ainsi balayée dans la 7e circonscription du Val-de-Marne. La championne du monde de natation 1998 a été battue par la candidate de la Nupes, Rachel Kéke (50,3 % des suffrages contre 49,7 % ; soit moins de 200 voix d’écart) Rachel Kéké a été pour la première fois sous la rampe des projecteurs à travers une lutte qu’elle a menée avec ses collègues femmes de chambre de l’Hôtel IBIS Batignolles durant 22 mois pour exiger des meilleures conditions de travail et de rémunération. Une lutte qui a connu une issue favorable dont elle peut s’enorgueillir. Désormais, Rachel Kéké porte cette lutte au cœur de l’Assemblée nationale où toutes les lois sont votées afin de rendre visibles, tous les métiers essentiels de proximité non valorisés. Son rêve se réalise enfin, et c’est un fait historique après le Président Félix Houphouët-Boigny. Tous les vœux de succès accompagnent Dame Kéké. Comme quoi, parvenir à atteindre ses objectifs, n’est pas nécessairement obtenir les BAC+10…
Pierre TOH, Correspondant depuis Paris
