L’universitaire, nommé ministre de l’Education nationale, est la cible d’attaques pour son supposé “wokisme”.
À peine annoncé, et déjà vivement critiqué. La nomination surprise de Pap Ndiaye, directeur du musée national de l’immigration, à la tête du ministère de l’Education nationale, a provoqué des remous.
Depuis vendredi, l’universitaire est la cible d’attaques de la droite et de l’extrême droite, qui l’attaquent pour des prises de positions supposées en faveur du “wokisme” et l’accusent d’être un “indigéniste”. “La nomination de Pap Ndiaye, indigéniste assumé, à l’Education nationale, est la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir”, a notamment tweeté Marine Le Pen. Même son de cloche chez le patron de Reconquête, Eric Zemmour : “Avec M. Ndiaye, le travail de sape des indigénistes et des islamo-gauchistes est totalement assumé et va s’aggraver”.
Mais si le nouveau ministre semble s’inscrire à rebours des prises de position médiatiques de son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer, qui avait fait de la lutte contre ‘l’islamo-gauchisme”, l’une de ses batailles, son discours paraît bien plus nuancé sur le sujet. Un nouveau “en même temps” à l’Education nationale, loin des caricatures proposées par l’extrême droite.
“Wokisme” et “islamo-gauchisme”
Sur les deux notions aux contours flous qui ont marqué les cinq ans de Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle, les deux hommes pourraient difficilement avoir fait des déclarations plus différentes. Interrogé au micro d’Europe 1 en octobre 2020, le premier avait déclaré que “l’islamo-gauchisme fait des ravages à l’université quand l’Unef y cède”. Quatre mois plus tard, sur France Inter, Pap Ndiaye avait récusé la notion, estimant que le terme “ne désigne aucune réalité à l’université”, mais était une “manière de stigmatiser des courants de recherches, (…) des travaux sur l’intersectionnalité, une manière de croiser des approches antiracistes et antisexistes”. “Ce qui me frappe surtout, c’est le degré de méconnaissance du monde politique des recherches qui sont menées à l’université en sciences sociales et en sciences humaines”, avait-il regretté.
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