Cela fait plus d’un mois que Pascal Affi N’guessan, président du Front Populaire Ivoirien (FPI) a initié une tournée politique à l’intérieur du pays pour aller une fois encore, au contact des populations.
Cette tournée est l’une des premières dans le pays profond du président Affi depuis le divorce politique d’avec son ex-mentor Laurent Gbagbo.
Passés les moments de réactions relatives à la nouvelle posture de son ex-patron qui a créé un nouveau parti politique, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), le président Affi a compris qu’il fallait aller vers les populations qui représentent l’électorat, car au finish, ce sont elles qui choisissent leur leader. Au contact de ces populations, il explique sa vision d’un FPI qui a fait sa mue pour la reconquête du pouvoir d’État.
Ses militants, quant à eux, doivent également savoir qu’ils doivent désormais, faire corps avec cette nouvelle donne qui consiste à compter sur leurs propres forces pour faire triompher les idéaux du parti. Fini donc la stratégie qui était de se coller à l’image du leader politique historique Laurent Gbagbo pour faire recette, donc pour exister. Et nous croyons que ce message est bien passé.
Même si l’honnêteté impose de reconnaître que la base militante, dans sa grande majorité, a suivi le président Gbagbo, force est de savoir que l’ex-Premier ministre du Président Gbagbo ne démérite point. Il sait qu’il n’a pas droit à l’erreur, étant donné qu’il joue sa survie politique. C’est pourquoi, sachant le boulot énorme à faire, il jette son dévolu sur les rencontres avec les électeurs. Mieux, il fait un inlassable travail de recrutement et de formation. Il fait une part belle aux jeunes dans sa structuration interne et cela augure des lendemains meilleurs. Car, ces jeunes, au fil des années passées dans la gestion du parti, vont acquérir de l’expérience et seront rompus à la tâche.
Pour capitaliser tout ce travail de réhabilitation et de réorganisation, le FPI devra rester concentré pour jeter les nouvelles bases d’une formation politique ambitieuse, après le départ de ses nombreux cadres et son fondateur.
Ce travail porte déjà des fruits, au regard de la mobilisation exemplaire observée le samedi 30 avril 2022 à Abengourou à la traditionnelle fête de la liberté du FPI. Comme quoi, comme l’a soutenu le président Affi à cette fête, « l’enveloppe ne désemplit pas, mais bien au contraire, elle déborde ».
Notons qu’à l’élection présidentielle de 2015, au plus fort de la crise interne du FPI où les différentes tendances se neutralisaient, le président Affi, candidat à cette élection, a été accrédité de 9% des suffrages exprimés. Pour rentabiliser ce résultat obtenu en 2015, Affi doit continuer de compter sur lui-même, en poursuivant le travail comme il le fait actuellement.
Ghislain Guela
