À l’issue d’un processus électoral débuté il y a deux ans, l’élection du nouveau président de la FIF a donné son verdict, le samedi 23 avril 2022. La grosse désillusion fut celle de l’icône Didier Drogba qui, dès le premier tour du scrutin, est sorti de la compétition avec 21 voix. Retour sur les erreurs d’un échec prévisible.
La légende du football, assuré d’avoir un bon programme et un nom reconnu dans le monde, n’a pas pu bénéficier des faveurs des membres actifs de l’association fédérale du football ivoirien. À l’observation des voix qu’il a obtenues, on peut même dire que c’est un désaveu cinglant qu’a subi notre “Gbagbadê national” qui apprend à ses dépens, que le nom et le programme seuls, ne suffisent pas pour gagner une élection d’une association sportive.
Il a obtenu 21 voix sur 130 voix prévues, ce qui laisse entrevoir que celui qui voulait faire renaître le football ivoirien avec son programme « Renaissance » n’aura pas su captiver l’attention des présidents de clubs et des groupements d’intérêts.
En effet, sur 14 clubs de Ligue 1, il n’a eu la confiance que d’un seul club, LYS de Sassandra. Sur 24 clubs de Ligue 2, quatre seulement lui ont fait confiance, tout comme neuf clubs de Ligue 3 et un groupement d’intérêt. Un résultat bien en deçà de l’espérance de ses nombreux admirateurs qui sont pour une part, responsables de cet échec.
Didier Drogba et son équipe, ainsi que certains de ses proches dont la stratégie électorale et le discours communicationnel étaient difficilement perceptibles, doivent se remettre en cause.
Par ailleurs, il faudra aussi revoir l’attitude de l’icône qui ne fait pas partie de la famille des acteurs de football ivoirien. Il n’est pas membre d’un club ayant pris part au scrutin. Il n’a aucune relation avérée avec les membres actifs de l’association. En somme, il n’est pas membre de leur association.
Il n’avait pour lui, que la légitimité d’être une ancienne gloire du football ivoirien et mondial. La preuve, contrairement à Idriss Diallo, vainqueur du scrutin, qui y a pris part, Didier Drogba, n’a pas voté. Comment peut-on gagner une élection au cours de laquelle on ne vote pas, alors qu’on est candidat ?
Voilà donc les erreurs qui l’on coulé ! Le porteur du projet « Renaissance », venu à la compétition, comme un cheveu sous la soupe, n’a pas pu se fondre dans la FIF. Ensuite, il a semblé se réjouir de la rumeur qui faisait de lui, le candidat de la CAF et de la FIFA, face aux présidents de clubs qui se sont sentis humiliés par les manigances de ces deux institutions du football sur le continent et dans le monde. En outre, sa campagne électorale ressemblait à celle d’un candidat au suffrage universel direct, alors qu’il ne fallait convaincre que 81 personnes. Par ailleurs, ses partisans sur les réseaux sociaux ont été très virulents à l’endroit des votants qu’ils ont trainés dans la boue, avant de se ressaisir au dernier moment, avec des appels pathétiques aux présidents de clubs qui avaient les oreilles déjà bouchées. Résultat, sans surprise, pour ceux qui étaient attentifs à ces erreurs de l’ancien vainqueur de la coupe d’Europe des clubs, une humiliante sortie au premier tour de l’élection du président de la FIF. Yamoussoukro aura donc été une grosse désillusion de l’icône nationale de football.
Blèwa
