Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) qui, à sa naissance, le 18 mai 2005 à Paris, était un groupement politique ayant pour objectif de faire chuter le régime du président Gbagbo par l’unité d’actions des partis politiques de l’opposition significative, est depuis le 16 juillet 2018, un parti politique. Cependant, depuis plusieurs années, des partis politiques tels que le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), le Mouvement des Forces d’Avenir (MFA) (une partie) ne font plus partie du RHDP. Entre temps, l’opposition, avec le retour du Président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire et la création de son nouveau parti politique, le PPA-CI, gagne du terrain sur la scène politique nationale.
Toutes ces formations politiques étaient représentatives de la société ivoirienne, parce qu’ayant chacune au moins, un élu de la nation ou local après les élections générales de 2000. Ce groupement politique, RHDP a jeté son dévolu sur la lutte en ne négligeant aucun détail du début du processus électoral jusqu’à sa fin. Au finish, le RHDP a réussi à prendre le pouvoir en 2011, après une crise post-électorale âprement disputée qui a même vu l’intervention de la communauté internationale pour son dénouement. Le Président Alassane Ouattara, candidat du RDR qui a reçu le soutien au deuxième tour de l’élection présidentielle de tous les autres partis politiques membres du RHDP et de certains candidats malheureux du premier tour, dont Francis Wodié, Gnamien Konan…a été porté à la magistrature suprême. Une fois installé, le régime RHDP devrait faire face aux défis de la paix et la réconciliation, car les rancœurs et la haine dans les cœurs des uns et des autres étaient perceptibles. Les Ivoiriens se regardant en chiens de faïence. Il n’était donc pas aisé de mener de véritables chantiers de développement socio-économique dans une telle instabilité. L’ayant compris, des organisations telles que CDVR, présidée par feu Charles Konan Banny, furent créées pour que les Ivoiriens se parlent. Même si les résultats du travail de cette structure n’ont pas été mis au grand jour, elle a eu le mérite d’avoir existé à ce moment précis pour essayer un tant soit peu d’atténuer la méfiance entre Ivoiriens.

La gestion du pouvoir entre les membres du RHDP et ceux des ex-forces nouvelles incarnées par Soro Guillaume, se passait relativement bien, pendant le premier mandat, ainsi que durant quelques années du début du deuxième du mandat du Président Alassane. Le PDCI qui, selon lui, s’est abstenu de participer à l’élection présidentielle de 2015 et a lancé un appel dit « Appel de Daoukro » par le biais du président Bédié pour instruire ses militants et inviter les Ivoiriens à voter pour le président Alassane Ouattara, espérait que dans le cadre de la plate-forme RHDP, la passe lui soit faite pour la gestion du pouvoir en 2020, après les dix ans de gestion du RDR. À l’approche de ces échéances électorales de 2020, force est de constater que le langage de l’alternance au sein du RHDP ne semble pas passer. Ce qui a engendré une crise qui a eu pour conséquence, la sortie du PDCI du RHDP. Le PDCI a estimé avoir été trahi et a claqué la porte pour, selon lui, engagement non tenu. Le parti cher au Président Bédié, face à la proposition de fondre toutes les formations politiques dans un seul moule pour en faire un seul et unique parti, qui gardera la dénomination RHDP, s’y est opposé. Ce départ du RHDP s’est opéré avec quelques plumes qu’a perdues le PDCI. Presque la quasi-totalité de ses responsables occupant des postes de responsabilité dans la gestion étatique, ont fait le choix de demeurer au RHDP, devenu un parti politique. Au nombre de ces cadres, nous avons : les ministres Patrick Achi, aujourd’hui Premier ministre, Kobena Adjoumani, Kablan Duncan, à ce jour, démissionnaire, feu Diby Koffi…
Après le PDCI, ce sera à l’UDPCI de Mabri Toikeusse de lever le camp. Bien avant la fin du premier mandat, le MFA d’Anaky Kobena avait déjà sauté du navire RHDP et s’est vu scindé en deux, avec une partie qui y est restée. La cerise sur le gâteau, fut la démission de Soro Guillaume du poste de président de l’Assemblée Nationale, son départ du RHDP avec ces amis et la création de l’ex-GPS dissous par une décision de justice. Personne sur la scène politique ivoirienne n’ignore la bataille menée par Soro Guillaume et ses amis pour l’avènement du pouvoir RHDP. Il n’y a donc aucun doute sur le coup dur orchestré par ce divorce.
L’opposition au régime Ouattara qui se résumait au lendemain du 11 avril 2011 aux pro-Gbagbo, s’est agrandie avec en son sein, désormais, le PDCI, l’UDPCI, le FPI, le PPA-CI, depuis le retour de Gbagbo de La Haye, le MFA, l’ex-GPS…
Cette opposition, après le boycott de l’élection présidentielle 2020, a participé aux législatives avec des fortunes diverses. Le RHDP est, malgré tout, venu en tête de ce scrutin et il a la majorité au parlement.
Le retour du Président Gbagbo après son acquittement à la CPI et la mise sur pied d’un nouveau parti politique, le PPA-CI, pourrait apporter une plus-value aux actions de l’opposition. Celle-ci se retrouve avec à sa tête, deux fortes personnalités qui de surcroît, ont présidé aux destinées de la Côte d’ivoire. Le combat démocratique s’annonce rude.
Le RHDP, dans cette posture peut-il garder sa sérénité et s’estimer toujours fort pour conserver le pouvoir en 2025 ?
Ghislain Guela

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