Présidentielle 2025 : LE DIALOGUE POLITIQUE PEUT-IL RAMENER LA PAIX ?

Le dialogue politique entre les partis politiques et le gouvernement s’est bien achevé. Débuté le 16 décembre 2021 pour prendre fin le 4 mars 2022, ce dialogue a ressemblé 21 partis politiques et 26 organisations de la société civile. Ce qui destine à préparer un climat politique apaisé, en vue des prochaines échéances électorales de 2023 et 2025. Les partis politiques étant des piliers fondamentaux de la démocratie.

Dans les démocraties qui émergent ou sortent tout juste d’un conflit, en particulier, les partis politiques ont pour mission primordiale de mettre en place, des réformes favorisant la démocratie, le développement et la résolution des conflits, de façon durable. Le dialogue entre partis politiques est souvent, la seule méthode durable pour trouver des solutions aux engorgements structurels ou sociopolitiques sous-jacents qui font des obstacles aux réformes politiques. C’est le meilleur moyen pour développer des solutions inclusives aux faiblesses institutionnelles ou aux politiques identitaires, religieuses et même régionales. Il est l’élément essentiel à une paix, à une démocratie et à un développement durable La démocratie est fondée sur la conviction qu’une représentation effective permet aux citoyens de se gouverner eux-mêmes. Les partis politiques ont un rôle essentiel à jouer, car ils sont capables de représenter différents intérêts et points de vue politiques et de les traduire en politiques et en décisions concrètes, lorsqu’ils sont au pouvoir. Pourtant, les processus politiques concurrentiels, comme les élections, ne permettent pas toujours de trouver un terrain d’entente sur les problématiques sociopolitiques complexes, auxquelles sont confrontés les gouvernements et les décideurs politiques. Cela se vérifie en particulier, dans les pays en situation d’après conflit, présentant une profonde polarisation comme la Côte d’Ivoire des années 2010.

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Le dialogue entre partis politiques constitue souvent, un moyen essentiel pour parvenir à un consensus sur des problématiques stratégiques ayant trait au développement et à la démocratie. Est-il le cas de la Cote d’Ivoire au sortir du « dialogue politique d’aujourd’hui » ? Le renforcement ou la réfection des rapports et la consolidation d’un sentiment de saine compétition entre les partis politiques dans un rapport de confraternité et non d’antagonisme, sont le fondement du dialogue entre partis politiques. Cette démarche permet aux participants de réfléchir, d’échanger leurs points de vue, de présenter leurs positions respectives et de prendre les mesures nécessaires pour faire converger ces positions, afin de parvenir à une vision commune. Le dialogue entre partis politiques peut se dérouler dans un contexte formalisé.

Blé Goudé et Guillaume Soro
Les deux absents au dialogue politique ivoirien

Les conflits internes aux États constituent la majeure partie des conflits violents qui ont éclaté en fin de 2010, après l’élection présidentielle. La LMP (La Mouvance Présidentielle), dirigée par l’ex-Président Laurent Gbagbo, était opposée au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), conduit par le Président Alassane Ouattara, actuel président de la Cote d’Ivoire. Ils ont porté atteinte au tissu social en accentuant la méfiance entre les différentes communautés et ont mis gravement en péril, la confiance de la population dans les institutions nationales de gouvernance. Le dialogue entre partis politiques contribue à la construction de la paix, à la consolidation démocratique et à un développement socio-économique durable, en rassemblant les partis politiques autour d’un programme national de développement commun. Ainsi, il permet de préserver les initiatives mises en place après un conflit, telles que le renforcement des capacités des institutions publiques. Les faits tendent à démontrer que le dialogue entre partis politiques est parvenu, dans de nombreux cas, à favoriser des réformes visant à la transformation des sociétés. Toutefois, les acteurs nationaux et internationaux n’ont pas encore suffisamment recours à cette méthode. Le dialogue peut avoir pour but de parvenir à des résultats précis, tels que la rédaction d’une constitution, la réforme d’institutions ou de systèmes ou l’élaboration d’un plan national de développement. L’objectif peut également être plus abstrait, comme par exemple, l’instauration de la cohésion sociale et de la confiance. Comme recommandations stratégiques, le dialogue entre partis politiques doit leur permettre de dépasser les intérêts partisans et électoraux à court terme et de contribuer à une paix. L’on se demande si le dialogue politique ivoirien a tenu compte des autres paramètres que constitue la constitution ivoirienne. La situation des citoyens Soro Kigbafori Guillaume, président du mouvement Générations et peuples Solidaires (GPS) et de Charles Blé Goudé, président du Congrès Panafricain des Jeunes et des Patriotes (COJEP) est restée en suspens. Les partis politiques doivent considérer le dialogue comme faisant partie intégrante de leur culture démocratique et non comme un événement ponctuel, destiné à résoudre une crise politique particulière. Ils doivent s’inscrire dans une vision à long terme, s’ils veulent parvenir à identifier des solutions durables à des conflits sociaux et politiques datant parfois, de plusieurs dizaines d’années et mettre en place, des réformes stratégiques et institutionnelles complexes. Une telle approche à long terme, est essentielle pour instaurer la confiance nécessaire à l’évolution de la culture politique, passant d’une tradition de confrontation à une démarche de dialogue, et pour donner aux acteurs le temps d’agir sur les causes sociales, économiques et politiques du ou des conflits antérieurs.

Pour mener à bien le succès d’un dialogue politique, il faut favoriser l’inclusion entre partis politiques. Cela dépend d’une large participation au processus qui passe par l’inclusion de la société civile et de l’ensemble des acteurs politiques. En principe, tous les partis politiques qui sont parties prenantes au conflit, doivent être inclus dans le dialogue. Il faut toutefois, également tenir compte des éventuels perturbateurs, tels que les acteurs notoirement antidémocratiques. L’exclusion de certains partis (par exemple, les anciens mouvements rebelles) est susceptible de fragiliser les résultats du dialogue, car les partis ainsi exclus, risquent d’avoir recours à la violence pour attirer l’attention et renforcer leur position. Les femmes, les jeunes et la société civile doivent être inclus dans le processus de dialogue, si l’on veut que celui-ci puisse permettre d’apaiser le climat politique. Les indicateurs de la réussite du dialogue doivent être clairement définis par toutes les parties au début du processus.

Enfin, le résultat final d’un véritable processus de dialogue est rarement prévisible. Même l’application la plus cohérente des leçons tirées ne doit pas être considérée comme un gage de réussite. C’est le cas pour tous les processus politiques impliquant une pluralité d’acteurs et se déroulant dans des contextes évoluant rapidement et à multiples facettes. Le dialogue est vraiment un processus éminemment politique : d’un côté, il obéit aux faits indéniables et poursuit un but, celui de répondre à des revendications et griefs politiques et sociaux très concrets. Mais de l’autre, il est également influencé par l’alchimie plus délicate et indéfinissable des relations humaines. Il est capital de comprendre à la fois, les questions politiques sous-jacentes (les griefs bien enracinés) et les relations humaines qui brouillent et déforment souvent, la situation (mais qui peuvent aussi véhiculer des énergies positives insoupçonnées lorsqu’on les laisse émerger) pour créer le contexte dialogique qui catalyse le progrès et permet de combler le manque. J’ai la conviction que ce manuel aidera les facilitateurs du dialogue à trouver l’équilibre adéquat parmi les divers éléments à leur disposition, pour aboutir à un dialogue fructueux. Nous y reviendrons.

Par Paul D Kehi

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